Retour d’expérience : 1 an à 90%

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Quoi !? Tu travailles à 90% !

Aujourd’hui, pas de technique. Je vais vous faire un petit retour d’expérience sur la situation professionnelle et personnelle dans laquelle je suis depuis maintenant 1 an : travailler à temps partiel, à 90% pour être précis.

Même si ce n’est qu’un 90%, c’est un choix personnel qui a eu conséquences multiples, plus ou moins fortes, à la fois sur ma vie personnelle et professionnelle.

Pourquoi en parler ?

J’ai hésité un moment avant d’écrire cet article.

D’abord parce qu’il me concerne personnellement et que je n’ai pas forcément envie de parler publiquement de ma vie privée. Parallèlement à ça, j’imagine (et c’est bien normal), que ma vie ne vous intéresse pas plus que ça de toute façon ;-p.

En revanche, je pense que mon retour d’expérience sur ce que j’ai vécu peut en intéresser d’autres, qui auraient le même genre de projet de vie que moi. A ces gens-là, je peux raconter ce que j’y ai trouvé de bon, de moins bon, de franchement génial.

Pourquoi ne pas en parler ?

Parmi les autres freins qui m’ont longtemps fait hésiter à en parler, c’est le regard des autres. Je me suis longtemps demandé ce qu’on allait penser de moi, le jour où j’allais demander de passer de 100% à 90%.

Car on ne va pas se le cacher, on vit dans un monde professionnel encore bien conservateur. Parfois même rétrograde.

Pour illustrer mon propos, je vous invite à aller faire un tour sur LinkedIn, où le salarié (souvent un homme bizarrement) travaillant 70h / semaine est régulièrement glorifié. Autant vous dire que quand j’essaye de ramener ces gens-là à la réalité, je me prends régulièrement des "fainéants" ou autre noms d’oiseaux.

Cet « expert » en « remise en forme du retail » s’insurge qu’on parle des ponts à la TV. Comme si ça n’était jamais arrivé les années précédentes…

On pourrait se dire que ça se limite aux réseaux sociaux, bien sûr, mais cette ambiance du siècle dernier (ou celui d’avant encore), je l’ai aussi vécu IRL.

Pour la petite histoire :

Un jour, ayant eu envie de faire moi-même une galette des rois, le directeur de l’entreprise, abasourdi que ce soit moi qui fasse la cuisine, a fait le tour des employés présents pour leur faire des blagues machistes, sexistes, voire même limite homophobe sur moi. Ambiance.

Bref, dans ce genre de contextes où un bon salarié est un salarié – surtout si c’est un homme! – qui veut travailler toujours plus, au début, je n’étais pas sûr d’assumer le fait de vouloir moins travailler. Encore moins en parler ouvertement.

Mais d’ailleurs, pourquoi vouloir un contrat à 90% ?

Car peut être que c’est eux qui ont raison ? Que je suis effectivement un fainéant ? ;-p

Il y a un an et demi, je suis devenu papa.

Être papa, c’est une fierté, mais c’est surtout une responsabilité. Je n’imaginais pas une seule seconde un monde où je serai père, mais pas impliqué. Je VEUX passer du temps avec ma fille.

Note : C’est un choix personnel, que chacun est libre de partager ou pas. Pas de jugement de ma part.

Je vous passe volontairement la galère pour trouve un mode de garde (ceux qui n’y sont pas encore, vous allez voir, c’est fun). Après avoir cherché une crèche et finalement trouvé une nounou, on a fait un rapide calcul (naïf) : en la faisant garder 5 jours par semaine pendant 10h/jour (choix standard avec deux parents travaillant en horaires de bureau), notre fille allait plus vivre avec la nounou que nous (si on décompte la nuit). Et ça ne nous paraissait pas acceptable.

Nous avons donc décidé de faire garder notre fille un jour de moins pour passer plus de temps avec elle.

Comment faire ?

Ce qu’il faut savoir quand on est sur le point d’être jeune parent, c’est qu’il existe plusieurs dispositions dans la loi et ce n’est pas forcément facile de s’y retrouver. (Et comme vous le savez, j’aime bien parler du droit du travail)

La plus importante d’entre elle est le congé parental, qui permet à n’importe quel parent de réduire son activité professionnelle (voire de la stopper totalement). Il existe un guide sur service-public.fr plutôt bien fait pour voir les conditions et autres modalités.

Grosso modo, ce qu’il faut savoir c’est que :

  • Le congé est ouvert à tout salarié ayant au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise à la naissance ou l’adoption de l’enfant.
  • La durée initiale du congé parental est de 1 an maximum (renouvelable généralement 2 fois)

Notre idée initiale était donc, que pour la première année, ma femme se mette à 80% les 6 premiers mois, pour garder notre fille le mercredi, puis qu’à ses 6 mois, je prenne le relais pendant 6 mois également.

Pourquoi cette alternance de 80% à 6 mois ?

Effectivement, ça peut paraître un peu étrange au premier abord. La raison est économique.

Je suis conscient que j’ai beaucoup de chance d’avoir un métier qui me permet d’envisager la possibilité de passer à temps partiel. Pour autant, accueillir un tout petit, c’est un changement important dans le budget d’une famille.

Parallèlement à ce que je viens de dire pour le congé parental, il existe plusieurs aides financières, chacune avec leurs conditions :

Un point intéressant est que PreParE et CMG peuvent se cumuler tant que l’activité pro est entre 50 et 80% (mais pas à 90%) et que la PreParE est versée jusqu’au 1 an de l’enfant dans la limite de 6 mois par parent.

De cette manière, en alternant 6 mois à 80% chacun lors de la première année de l’enfant, on peut donc bénéficier à la fois de la PreParE et de la CMG, ce qui permet de réduire un peu les charges de cette première année.

Giphy – The hangover

Note : Malheureusement, toute cette belle planification que nous avions faite s’est heurtée à la dure réalité de la loi. N’ayant pas 1 an d’ancienneté au moment de la naissance de ma fille, je n’ai pas pu bénéficier d’un congé parental (et donc des aides associées). Nous avons donc décidé de simultanément passer à temps partiel par avenant au contrat de travail (avec un mercredi sur deux chacun).

Comment ça a été accueilli ?

Je l’ai dit en introduction. C’était LA grande inquiétude que j’avais. Quand j’ai fais la demande de temps partiel, je ne savais pas à quoi m’attendre de la part de mon manager, de mes collègues, des RHs…

Au final, j’ai été très vite rassuré. Je ne sais pas si cette situation s’est généralisée, si les mentalités ont évolués, si je suis bien tombé, etc.

Les retours sur ma décision ont été extrêmement positifs. La plupart des gens ont été très compréhensifs :

  • A aucun moment je n’ai eu de remarque négative ou sexiste, dans un environnement très masculin
  • Mon manager (et son remplaçant) ainsi que les ressources humaines ont accepté mon choix avec bienveillance
  • Lorsque je leur en ai parlé, certains collègues et connaissances ont exprimé l’envie de faire pareil

C’est bête à dire peut être, mais c’est aussi ce genre de choses qui font que je suis bien au travail : être compris en tant qu’être humain, avec mes priorités, au-delà de la simple productivité brute.

Des études sur le temps au travail dans l’IT ?

En cherchant à en savoir plus, j’ai eu du mal à trouver des chiffres sur les temps partiels dans l’IT. Je n’ai trouvé que 2 études et malheureusement avec assez peu de répondants :

  • une de fin 2011 sur developper.com qui montrait que la majorité des salariés de l’IT bossaient plus que 40h/semaine, avec un taux de "temps partiel" extrêmement faible (2%)
  • l’étude faite en fin d’année par Okiwi, limités au bassin bordelais, qui montre une bien meilleure proportion sous les 35h/semaine (autour de 8%). Naïvement, je suis tenté de penser que le monde du travail évolue dans le bon sens, même si rien ne permet de s’assurer que le temps partiel correspond à une réelle volonté des salariés d’y être et pas une situation subie

Est ce que ça gêne l’organisation de l’équipe ?

C’était une autre question. Dans la mesure du possible, ma seconde priorité était quand même que ma décision impacte le moins possible mon équipe.

Dans la pratique, ça aurait été un peu plus compliqué si le plan initial du 80% avait pu aboutir, car je fais aussi des astreintes. Évidemment, je ne peux pas être d’astreinte en même temps que je suis de garde avec ma fille.

Au final, en 90% avec seulement un mercredi sur deux où je ne suis pas dispo, je n’impacte pas ni la rotation des astreintes, ni l’exploitation courante des infrastructures et des services que je gère. L’équipe est suffisamment multi-compétences pour répondre, au moins au premier niveau, à toutes les problématiques que je gère habituellement.

Qu’est ce que ça change dans mon travail ?

Concrètement, pas grand chose. Déjà, le fait que mon 90% soit organisé de la sorte implique qu’une semaine sur deux, je travaille normalement.

Ensuite, comme nous communiquons beaucoup par messagerie instantanée et par mail, il est très facile pour moi ou mes collègues de prévenir quand je ne suis pas disponible.

Pour ce qui est de mon travail en lui même, au-delà de la simple exploitation des services informatiques, il faut juste en tenir compte lorsqu’on planifie des deadlines.

Éventuellement, la seule petite difficulté que j’ai c’est lorsque je dois dépiler une tonne de mails et de slack le jeudi matin, car la plupart des mes collègues ont travaillés normalement le mercredi. De toute façon, la plupart ayant déjà été traités par quelqu’un d’autre.

M’occuper de ma famille

Parce que c’est finalement le but ! Avoir plus de temps pour profiter des miens.

Si jamais le doute persiste toujours, j’aimerai vous confirmer que ce jour où je ne travaille pas est tout sauf un jour de congés ! S’occuper seul, toute une journée, d’une petite d’un an et demi ce n’est vraiment pas reposant ;-p.

Il y a une vraie différence entre un week end (où on peut voir la famille, voir des amis, s’en occuper alternativement, …). Le mercredi, si vous ne faites rien, vous êtes seuls et ça peut devenir long.

Ce que j’en retire

Car au final, il ne faut pas oublier que je fais AUSSI ce 90% pour moi.

Passer du temps pour s’occuper de notre fille, "c’est notre projet".

J’ai vraiment l’impression de passer du temps avec elle. Le week end passe toujours très vite, il y a toujours beaucoup à faire… Et le soir, même en s’organisant pour être à la maison à 18h (ce qui n’est déjà pas très startup-nation), avec un dodo à 19h30, certes on rigole mais c’est vite fini. On profite, mais on ne prend pas le temps.

Ce mercredi sur 2, c’est du temps où je ne m’occupe QUE d’elle. C’est un temps entre elle et moi.

Récap’ de mon 90%

Voilà donc en résumé, après 1 an, ce que je pense de mon 90% :

  • c’est une baisse de revenus (10% de nos salaires) qui n’est pas neutre. Ma femme et moi avons la chance de pouvoir le faire mais nous sommes conscient que ce n’est pas le cas de tout le monde.
  • dans mon entourage, les gens ont plutôt bien compris notre choix. Certains ont même eu envie de le faire à leur tour.
  • dans mon entreprise, ce choix est très bien compris et accepté. Les mentalités changent et c’est bien !
  • il faut trouver des choses à faire pour profiter pleinement de cette journée en plus avec vos enfants. Moi qui suis plutôt introverti et casanier, il a fallut que je sorte de ma zone de confort mais c’est vraiment pour le mieux.
  • je me sens vraiment acteur de l’épanouissement de ma fille, ce qui était le but dès le départ.

Inutile de le dire, j’ai évidemment prolongé d’un an supplémentaire :-)

Si vous voulez discuter de ça avec moi, n’hésitez pas à laisser un commentaire, à me contacter sur Twitter ou m’écrire un e-mail.

Bonus

L’envie d’écrire cet article a été aussi inspirée par ce post de Fabien LAMARQUE, un indépendant sur Bordeaux, qui, pour d’autres raisons, a cherché lui aussi un autre équilibre vie pro/vie perso que le classique "5 jours par semaine".

Dans un tout autre genre, je vous conseille cet excellent sketch de Karim Duval "Élever son enfant en mode Start-up" qui me fait mourir de rire.

Source : https://www.youtube.com/watch?v=Ps3UNPLpmKc

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Tipeee

18 comments

  1. Être obligé de se justifier jusqu’à faire un billet de blog…je trouve ça pathétique…Dis aux Macronistes/progressistes de mes 2 d’aller se faire en***** et profite de ta petite famille sans leur rendre compte. Un peu d’honneur et de restpect pour soi-même ça ne fait pas de mal.

  2. OK. Je ne sais pas trop quoi répondre après ça.

    Un peu déçu que le premier commentaire ce soit ça, mais bon…

  3. Pas l’habitude de commenter mais vu le premier commentaire et ayant apprécier ton retour d’expérience je me sens obligé

    Déjà très bon article merci. Je suis papa d’une petite fille de 3 ans et à mon compte (Dev) en plein temps pour un client. Cela fait qlq temps que je réfléchis au 4/5 mais la chute de CA est importante, en plus de cela j’ai un peu peur de la réaction de mon client qui voit lui la productivité et c’est normal vu mon statut. Bref tout ça pour dire que cela me donne envie de passer le cap moi aussi, et peut-être passer par l’étape 90%.

    Cédric

  4. J’ai fait ce choix…en 1986, entre autres pour les mêmes raisons (2 petits enfants que je voulais voir grandir). Ca carrément été radical: j’ai démissionné, créé ma petit boite, galéré 4 ans avant que ça décolle vraiment mais depuis quel pied !
    Ca ne veut pas dire que c’est facile, ça veut dire que j’ai évacué les mauvais stress (hiérarchie, transports, collègues pas toujours sympas…) et que je vis à mon rythme tout en travaillant beaucoup mais sans que ça me pèse: si je veux faire un tennis en milieu de journée, j’y vais (j’en ai un à 16h), un peu de guitare pour détendre, des courses ou le coiffeur quand il n’y a personne, les activités avec les enfants etc.
    Comment faire ça: il faut avoir quelques compétences dans un domaine et les cultiver. Il faut devenir expert en quelque chose et y coller. Bien suivre l’évolution du domaine concerné, savoir prendre les bons virages.
    Ne jamais faire quelque chose de facile ou trop courant. Ne pas s’enfermer non plus mais, même seul, les occasions de partage sont nombreuses et c’est encore + vrai avec les réseaux professionnels d’aujourd’hui.
    Donc bravo pour cette décision pas facile à prendre. Mais une fois dans la piscine et qu’on s’aperçoit qu’on peut nager, c’est super.
    PS: il y a quelques années, à l’occasion du 30ème anniversaire de ma promotion, j’ai rencontré pas mal d’anciens amis qui étaient remerciés après la cinquantaine sans aucun égard pour leur dévouement passé. A méditer: en général, vous n’aurez aucune reconnaissance pour votre investissement comme salarié.

  5. Je suis à 80% dans une SSII depuis septembre et je ne vois pas ce qui me ferait revenir en arrière. Cette journée du mercredi, passée avec ma femme et ma fille a changé absolument tout. Ça coupe la semaine en deux, ça m’a permis de prendre beaucoup de recul quant à l’importance que je donnais au travail, et qu’elle bonheur de voir sa fille évoluer des jours entier plutôt que 2h le soir. Aujourd’hui je fais la promotion du 80% autour de moi car je pense que le monde se porterait sans doute mieux si chacun avait plus de temps pour s’occuper de ses proches, se cultiver, avoir des loisirs… La productivité du travail a explosé ces dernières années, nous pourrions en profiter pour l’épanouissement personnel de chacun, mais nous sommes coincés dans un système d’aliénation au travail. Le 80% est une forme de lutte contre ce système. Dans l’idéal, je souhaiterais un jour arriver à 60% avec pourquoi pas une activité à côté qui ferait plus de sens que l’IT.
    Je vous souhaite une bonne continuation dans vos objectifs de vie… Nous enchaînerons d’autres jobs avant la fin de notre vie, mais nous n’avons qu’une seule chance de profiter des gens qu’on aime.

  6. Merci pour ce retour Cédric !
    J’ai l’impression que c’est un bon compromis le 90% en effet, même si j’aurais préféré un 80. De tous les commentaires que j’ai jusqu’à présent, le 80 semble en fait plutôt bien accepté dans l’IT, surtout chez les indépendants. La chute de CA est un vrai frein ça je veux bien me croire.

  7. J’ai l’impression que beaucoup de gens passent indep’ en partie grâce à ça !
    C’est quand même un gros changement je ne sais pas si je suis prêt à faire pareil, surtout sur le marché Bordelais.
    Merci pour ce retour en tout cas

  8. Merci pour ce retour Greg. En effet, le 80% était mon objectif initial, pour les mêmes raisons.
    D’un point de vue économique c’est encore un peu juste pour moi et ma femme de passer tous les deux à 80, et ça aurait probablement des incidences sur l’organisation des astreintes.
    Mais clairement si je peux y passer, j’y réfléchirai !!

  9. Super retour d’expérience, merci!

    Je m’interroge quand à la suite de votre carrière suite à cette décision. En terme de promotions par exemple.. même si la décision semble bien reçu dans un premier temps, il faudra surveiller sur le long terme :)

  10. Merci pour ce retour Simon.

    C’est une vrai question ! Dans mon cas personnel, mon métier est peu propice aux promotions. On est une toute petite équipe, la seule évolution possible serait de passer à de l’encadrement ce qui ne m’intéresse pas pour le moment.

    En revanche, il y a une vraie inquiétude pour ce qui est des augmentations individuelles. Le risque c’est que le management, que ce soit conscient ou non (ne voyons pas le mal partout), se dise « il est moins présent, donc moins impliqué ».

    Mais croyez moi, je serai particulièrement vigilant sur ce point précis ;-)

  11. Bravo mais je me pose quelques questions sur la perte des RTT si tu travaillais plus de 35h par semaine dans ton contrat ?
    Ce genre de détail peut me faire hésiter à tenter le coup. Est-ce que mon calcul est bon :
    J’ai 7 RTT, si je passe à 90%, je les perd.
    Je perd 10% de salaire et je travaille environ (52-5)/2 -7 = 16/17 jours de moins ce qui donne environ 7,5% de travail en moins.
    En fait moins on travaille, moins la perte des RTT est impactant…
    Avec un 95% : 5% de salaire en moins, 2% de travail en moins
    Avec un 80% : 20% de salaire en moins, 18% de travail en moins
    Avec un 60% : 40% de salaire en moins, 39.5% de travail en moins
    Je pinaille peut-être mais du coup un 80% et un 100% ne me semble pas équivalent à deux 90% pour des cadres avec RTT.

    Le temps partiel permet-il de diminuer le nombre d’heures par jour ?
    Par exemple un contrat passerait de 7h30 par jour sur 5 jours à 7h par jour sur 4 jours ?
    Après peut-être que du coup on arrive à faire des journées à 7h là où on faisait un peu plus avant mais est-ce que c’est facile de se restreindre quand on sait que les horaires sont rarement très précises dans nos métiers ? D’un point de vue extérieur, non informé, on pourrait s’étonner qu’un salarié qui passe de plein temps à temps partiel puisse faire moins de choses qu’avant dans une journée normale.

    Bref, je me demande si dans le même cas, j’arriverai à produire moins (à ne pas essayer d’accomplir le même travail simplement en moins de temps) et quel biais ça peut effectivement avoir dans l’appréciation de mon travail et de ma carrière.

    O52n peut aussi se dire que les RTT sont faits pour se reposer d’un travail hebdomadaire plus important que les 35h mais comme tu le dis je suis pas sûr d’être plus reposé en gardant un/des enfants. ^^

    Je viens seulement d’avoir mon premier enfant et ma femme doit retrouver un boulot. Je me dis que effectivement le calcul n’est pas le plus important et prendre du temps à passer avec son enfant me parait plus importante dans le choix du temps partiel que tout pinaillage financier mais ça m’empêchera pas d’avoir l’impression de me faire un peu avoir, surtout si les promotions et les augmentations en pâtissent.

    Je pense effectivement que les mœurs ont pas mal évolué depuis 30 ans sur les choix professionnels et personnels mais il faut faire très attention selon les sociétés et la hiérarchie/RH pour ne pas se faire trop léser professionnellement par ce genre de choix personnel.

  12. « Le risque c’est que le management, que ce soit conscient ou non (ne voyons pas le mal partout), se dise « il est moins présent, donc moins impliqué ». »

    Alors dans ce cas c’est un mauvais management (et malheureusement ça a l’air plus fréquent qu’on ne l’aimerait). Ton/ta/tes manager(s) doi(ven)t avoir les moyen de mesurer que ton implication reste la même. C’est un peu étrange dit comme ça, mais finalement il n’y a qu’une journée une semaine sur deux où tu es absent. Si vraiment ils commencent à te casser les noisettes avec ça, c’est que contrairement à ce qu’ils disent ils n’ont rien compris à la démarche ni à l’impact au niveau professionnel avec l’évolution de ton état d’esprit en tant que papa.

    En tout cas on voit ici un exemple parfait de la décadence affreuse de notre société : quand je suis né, ma mère a carrément arrêté net de travailler, et n’a jamais repris de travail après ça (un peu de garde d’enfants non officiel, un truc impensable aujourd’hui avec la parano ambiante), on a reposé entièrement sur le salaire de mon père. Et financièrement sans être Byzance c’était pas une catastrophe, on a pas eu l’impression de réellement manquer de quelque chose. Désormais, les deux parents doivent continuer à bosser pour boucler les fins de mois, c’est juste hallucinant.

    En tout cas chapeau bas pour ce changement, et merci pour l’attention que tu portes à ta fille :)

  13. Attention, j’ai pas dis que c’était le cas dans mon travail (je pense pas ;-p).

    Au-delà de mon cas personnel, tu as tout à fait raison.

    Cette situation, la même qui fait que les femmes sont moins payés dans notre société, est inacceptable.

    Charge à nous de faire évoluer les mentalités pour que ça change. Mais j’ai bon espoir !

    Merci pour ton retour en tout cas !!

  14. Waouh.
    Comment répondre à tout ? C’est quasiment un article entier que tu me demandes là
    Personnellement, je travaille au forfait en jours, j’ai donc eu un prorata du nombre de jours à travailler dans l’année, je n’ai donc perdu qu’un rtt (virtuellement car en vrai en forfait jours il n’y a ni cp, ni rtt).

    Pour ce qui est de l’organisation du temps partiel, de ce que j’ai compris c’est assez libre. Ca dépend de ce que tu négocies avec l’employeur.

    Et après, effectivement, je regrette d’avoir dit que c’était « le risque » (cf le message de Seboss666).

    Charge à nous de faire évoluer les mentalités, s’il reste encore des récalcitrants.

  15. Au niveau de la perte de salaire, j’ai rencontré lors d’une mission à La Poste un interne de la Poste qui avait quitté un boulot dans le privé où il encadrait une centaine de personnes pour ce travail à La Poste comme simple dev, juste pour avoir l’opportunité d’un 80% (et passer du temps avec ses deux filles).
    Apparemment, on trouve aussi ce genre de cas dans les locaux de la SNCF. Et là, ces personnes pour passer à 80% perdent nettement plus que 20% de leur salaire.

    C’est vraiment bien que les mentalités changent aussi dans le privé, dans la SSII où j’étais, des collègues masculins ont également pris un congé parental à temps partiel. C’est d’ailleurs bien mieux passé que quand j’en ai demandé un. On est toujours sur un mode de pensée rétrograde où quand un homme demande un temps partiel, c’est génial, il veut s’occuper de son enfant, et quand c’est une femme, c’est plutôt « maintenant qu’elle a des enfants, elle ne s’intéresse plus à son travail ». J’imagine que ça dépend des entreprises, mais ayant été éjectée suite à ce congé parental, j’ai constaté que le taux de réponse à mes envois de CV était nettement plus bas si j’y indiquais avoir deux enfants (c’était un conseil de recruteur)…

  16. Ça me peine de lire un retour comme le votre.

    Clairement, il y a encore beaucoup de travail à faire : à la fois pour faire accepter les congés parentaux et les temps partiels pour les hommes ET pour les femmes.

    Même si on en est encore loin, je garde quand même l’espoir que si les hommes prennent plus leur part qu’hier, la situation pour les femmes finisse par se normaliser.

  17. Bonjour,

    Perso, je suis papa d’une petite fille de 3 ans, depuis sa naissance, je passe du temps avec elle, j’ai la chance d’avoir un boulot IT qui me permet pas mal de RTT / jours de congés. Résultat, les 3 premiers années quasiment, j’arrivais sur une bonne période de l’année à prendre 1 jour par semaine pour être avec elle.

    En septembre 2019, elle est rentrée à l’école, donc 2020, c’est quelques mercredis + 1 semaine par vacances scolaires. Aujourd’hui, je rentre au boulot, après avoir passer 1 semaine (fin février) avec ma petite…. C’est que du bonheur !

    Je pense que les mentalités changent, plus ou moins rapidement selon les secteurs d’activités. Je pense que les papa d’aujourd’hui ne sont pas les papa d’hier.

  18. Super retour d’expérience :) Merci pour ce commentaire !

    Je pense aussi que les mentalités changent et je suis content de ne plus être dans une entreprise où c’était mal compris (voire mal perçu). Mais on y arrivera !

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