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Touraine Tech 2026 - Récap du jour 1

Ecrit par ~ zwindler ~

De retour à Touraine Tech !

Pour la 2ème fois, j’ai participé à la conférence Touraine Tech (la première fois c’était en 2022).

Contrairement à 2022, la conférence a maintenant lieu à l’Université de Sciences de Tours (et non plus à Polytech) et se déroule sur 2 jours. L’occasion de revenir profiter des tourangelles et des tourangeux qui nous reçoivent toujours si bien.

Keynote d’ouverture - La guerre informationnelle

Clément Hammel-Cazenave d’Agoratlas nous a proposé une keynote percutante sur les ingérences numériques et la guerre informationnelle en cours.

Keynote Agoratlas

Son point de départ : la crise agricole autour de l’abattage des troupeaux bovins à cause de la dermatose nodulaire. En analysant 500k tweets fournis par Visibrain, son équipe a reconstruit le graphe des interactions sur les réseaux sociaux. En utilisant la méthode de Louvain (maximiser les liens intra-communauté et minimiser les liens inter-communautés), puis en labellisant manuellement les communautés, ils ont pu mettre en évidence un phénomène inquiétant : l’exclusion de la parole experte, cantonnée à sa petite bulle, pendant que le débat se polarise entre extrêmes (droites).

Clément a aussi présenté D3lta, un outil open source créé par Viginum, permettant de détecter les contenus dupliqués dans l’objectif de repérer les tentatives d’ingérences numériques.

Point important soulevé : les réseaux sociaux impactent Internet de manière générale, y compris les LLMs qui sont entraînés en partie sur ces contenus. C’est une stratégie délibérée pour transformer les LLMs en “machines à narratif (russe)”.

Mais ils ont aussi des impacts parfois importants sur “la vraie vie”. L’exemple des élections en Roumanie est frappant : un “inconnu” est arrivé au second tour grâce à des ingérences russes sur TikTok. L’élection a été annulée par la Cour constitutionnelle.

Comment riposter ?

  • Viginum : réseau de coordination et de protection des élections, créé après l’assassinat de Samuel Paty. La France est très en avance sur ce sujet
  • L’Arcom : manque malheureusement de moyens et de soutien politique
  • DMA / DSA : les régulations européennes
  • Nous : quitter X (openportability.org, non mais sérieux, vous attendez quoi ?), faire de l’analyse soi-même (NodeXL, Python, Gephi), éducation, contribuer aux outils comme ATProto ou Gephi

Une keynote qui fait réfléchir sur notre responsabilité collective face à ces enjeux.

Mes trains Jouef passent au numérique, avec des Raspberry et TinyGo !

Un talk bonbon, qui parle d’une belle histoire de side project tech intergénérationnel ! Les speakers nous ont raconté comment ils ont modernisés les trains analogiques du grand-père.

Talk Trains TinyGo

Le problème de base : les trains analogiques fonctionnent en 14V/-14V (pour avant/arrière), mais il est difficile d’en faire circuler plus de 3 simultanément sans collisions. La solution professionnelle, le DCC, permet d’envoyer de la data dans le courant pour gérer plusieurs trains.

La solution DIY en 2024 : TinyGo sur Raspberry Pi Pico W (version Wireless).

L’implémentation a été semée d’embûches techniques :

  • Pont abaisseur de tension (14V → 5V) + contrôleur PWM pour la vitesse
  • Problèmes de stabilité du réseau électrique
  • Stack réseau WiFi absente de TinyGo, donc à recoder !
  • Watchdog pour reboot automatique en cas de deadlock

Pour réduire encore la taille et rentrer dans certains trains, il a dû changer de carte. Exit le WiFi/TCP-IP, bonjour le Bluetooth ! Résultat : latence passée de 300ms à 1ms. L’inconvénient : cette carte n’a qu’un seul core, donc il a fallu ruser avec des channels pour avoir des boucles non bloquantes. Fini le REST, place aux WebSockets.

Un side project comme on les aime, avec ses galères et ses victoires !

Notre talk : Limits, Requests, QoS, PriorityClasses

C’était notre tour avec Quentin Joly ! Nous avions amélioré le talk par rapport au DevFest Nantes, j’avais rajouté une démo et changé une autre qui devait être un peu stable. Enfin ça c’était sur le papier

Talk Kubernetes scheduling

Spoiler : les deux nouvelles démos ont échoué… et nous n’avions pas de backup 🙈.

Ce n’est pas grave en soi, les 6 autres démos ont parfaitement fonctionné et le public a été indulgent. Nous avons eu de très bons retours sur OpenFeedback, avec des commentaires très cools mettant en avant que le talk était accessible même aux “non sachants” Kube :

Je rejoins les autres commentaires, côté développement je n’avais qu’une brève connaissance de kubernetes et j’ai pu suivre la conf’ et apprendre plein de choses ! Beau challenge pour les démos c’était au top ! Bravo et merci !

La leçon à retenir : même quand on est sûr de la démo et qu’on la lancée 10 fois sans incident, toujours avoir un plan B !

Pause déjeuner

On souffle, on profite du créneau du midi pour déguster un super potage ainsi qu’un très bon burger au pulled pork. Le traiteur était excellent, et malgré le nombre de personnes à nourrir les plats sortaient très vite. Chapeau !

Metal-As-A-Service : Gérer votre bare-metal comme une machine virtuelle !

Julien Briault continue de nous émerveiller avec la prouesse qu’il a lancé (au début seul, maintenant avec la petite 20aine de bénévoles) en réinternalisant l’informatique des 113 associations, en mutualisant sur une plateforme commune “le cloud du coeur”, entièrement construite sur des dons et des produits open source.

Talk MAAS

La philosophie : “Tout doit être API”. Ça me rappelle un peu le fameux Bezos API Mandate, mais je ne suis pas sûr que Julien apprécierait la comparaison 😉.

L’infrastructure est répartie sur 3 régions (Paris, Chartres, Marseille), avec pour chaque région 3 datacenters proches pour la haute disponibilité. Le choix du bare-metal permet d’éviter les dépendances centralisées (on se souvient tous de la panne US-EAST-1 qui a fait tomber les 3/4 d’Internet…).

Pourquoi MAAS (Metal-As-A-Service de Canonical) ?

  • Ironic (OpenStack) : mauvaise UX, nécessite un OpenStack complet
  • Tinkerbell : a besoin de Kubernetes
  • MAAS : existe depuis 2012, AGPL, supporte tous les vieux serveurs

Le cycle de vie : boot PXE, récupération des paramètres BMC, remontée dans l’inventaire, configuration BMC pour le power control managé par MAAS. Tout est API : les calls sont envoyés à Netbox et Slack.

Point FinOps intéressant : grâce à Open Baremetal (écrit en Rust) qui utilise RAPL (Running Average Power Limit) via Scaphandre et VictoriaMetrics, ils allument et éteignent les machines en fonction de seuils. Résultat : division par 3 de la consommation électrique et 300 000€ économisés par an (soit 300 000 repas !).

Pause et discussions avec les sponsors

J’ai longuement discuté avec Horacio et Yannick (akanoa) de Clever Cloud. Au menu : développement à l’ère de la GenAI, ordonnancement d’agents IA, et… Kubernetes managé chez Clever Cloud. Je n’en dis pas plus 😏.

Les Agents : l’ordre dans le chaos des IA

Thierry Chantier nous a fait un état des lieux du monde des agents IA.

Talk Agents IA

Rappel sur les LLMs : ce sont des modèles statistiques entraînés sur des montagnes de texte. On est passé du “texte only” à des systèmes “agentic” qui bougent très vite. Un agent, c’est une entité autonome avec la capacité de décomposer des tâches et de s’auto-évaluer.

Conseil important : spécialiser les agents pour optimiser les outils, réduire le domaine et être plus performant. On peut même utiliser des SLM voire des TinyLM pour des cas d’usage spécifiques.

Les différents types de workflows :

  • Séquentiel : les agents s’enchaînent
  • Routeur : route vers le bon agent
  • Hand-offs : comme le routeur, mais les agents peuvent déléguer s’ils s’estiment incapables de répondre
  • Superviseur : comme le routeur, mais vérifie que l’objectif est atteint

Côté frameworks, Thierry a mentionné :

  • LangGraph (de LangChain) : un peu trop couplé
  • ADK (Agent Development Kit)
  • Strands Agent : beaucoup plus agnostique
  • Crew.ai

J’ai aimé la mention de l’option Tracing=true dans crew.ai. Si je comprend bien, ce sont des traces OpenTelemetry et pour pouvoir debug un workflow, ça me parait hyper intéressant.

KO technique

J’avais prévu de voir le talk de Stéphane Philippart sur les CLI boostées à l’IA avec Picocli, ou celui de Laurent Grangeau sur la protection de la mémoire.

Mais la fatigue de la soirée “before” passant par là, j’ai décidé de rentrer un peu plus tôt à mon hôtel, en attendant la soirée speaker. Celle-ci a eu lieu dans un bar à jeux privatisé, l’occasion de rencontrer d’autres speakers autour de tapas et d’une bière bien fraîche.

À suivre…

La suite au prochain épisode avec le récap du jour 2 ! Stay tuned 🎉

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